L’argent est mieux de ne pas te changer!» –Ginette Denis, infirmière et mère d’Alex Bastide, fondateur de la chaîne de restos L’Gros Luxe.

Comme la plupart des mères, Ginette connaît bien son fils. Elle a compris tôt qu’elle avait mis au monde un entrepreneur en série. Et elle a voulu le faire réfléchir à sa relation à l’argent.
 Je suis un entrepreneur. J’adore faire de la business rentable. Mais je veux aussi inspirer le changement social. Une entreprise peut aussi servir à ça.

Le processus est enclenché. Depuis cinq mois, l’entrepreneur-restaurateur consacre trois à cinq heures par semaine à imaginer la stratégie sociale de la chaîne L’Gros Luxe. Il travaille avec deux consultants, Séverine Sottil (marketing/communication) et Ronald Jean-Gilles (projets écosociaux).

Qu’est-ce qu’une stratégie sociale?

Une expression que j’ai inventée pour tenter d’illustrer la relation qu’une entreprise choisit d’établir avec la société. Pour certains d’entre vous, cette idée peut sembler abstraite. Servons-nous de la démarche d’Alex Bastide pour en illustrer une déclinaison.

Alex Bastide est un «entrepreneur de proximité». Sa première entreprise, Underworld, était située dans le nord de Montréal près de la station Henri-Bourassa. Elle est rapidement devenue «tentaculaire»: magasin de disques, salle de spectacle, skate park, etc. Rapidement, Underworld est devenu le rendez-vous des skateux et trippeux de musique.

Pas seulement ceux du quartier Ahunstic. Underworld est devenue une destination et un point de ralliement pour une communauté. «Underworld avait parfois l’allure d’une Maison de jeunes», blague l’entrepreneur. La définition de proximité n’est pas nécessairement géographique.

Aujourd’hui, les skateux d’Underworld ont grandi. Alex Bastide aussi. Mais c’est toujours un entrepreneur de proximité. Cette fois, au sens géographique du terme. Chacun de ses restaurants porte le nom du quartier qui l’abrite, comme L’Gros Luxe Mile End.

La stratégie sociale que L’Gros Luxe s’apprête à déployer s’appuie donc la communauté qu’est le quartier. En voici quelques éléments:

  • sélection de causes «géolocalisées». «Dans chaque quartier, je fais l’inventaire des intervenants sociaux et communautaires, avec l’aide de mes consultants, et j’en rencontre certains pour identifier les partenariats dont j’ai envie pour mon entreprise.»
  • tenue de cinq événements, un par quartier, où sont situés ses restaurants. On y trouvera des kiosques sur la saine alimentation, la consommation locale, l’entrepreneuriat social, les modes de vie équilibrés, etc.

Le tout dans une atmosphère de fête foraine. «Pour qu’il soit utile et pertinent, chaque événement sera développé en collaboration avec les acteurs du quartier où il se tiendra», souligne l’entrepreneur.

Quel est le méta objectif d’Alex Bastide?

«Je sers 2000 clients rien que les vendredis soirs. Nous avons 40000 abonnés Facebook et 12000 abonnés Instagram. Ça fait beaucoup de gens avec qui je peux entamer une conversation sur une autre façon de vivre et de faire des affaires. Je suis un entrepreneur. J’adore faire de la business rentable. Mais je veux aussi inspirer le changement social. Une entreprise peut aussi aussi servir à ça.»

La stratégie sociale qu’Alex Bastide développe depuis cinq mois se déploiera à l’externe. Mais elle a débuté à l’interne. «Ça doit forcément débuter à l’interne, estime l’entrepreneur. Il faut que tu regardes tes processus, tes approvisionnements, ta façon de traiter tes employés, etc. avant de vouloir inspirer les autres.»

Pourquoi maintenant?

«Parce que mon entreprise est devenue assez grosse pour que mes gestes puissent avoir une influence (250 employés, 5 établissements). Mais pas trop grosse pour que j’en aie perdu le contrôle et qu’il soit difficile d’intervenir.»

Pour ceux et celles que ça intéresse, Alex Bastide compte démarrer #lgrosluxemouvement 😉

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