Alex Bastide a ouvert six restaurants L’Gros Luxe en moins de deux ans et demi, mais ne se considère pas comme un restaurateur pour autant. «Je suis avant tout un entrepreneur, affirme-t-il. J’ai vu trop de gens qui étaient bons en restauration, mais qui n’avaient pas de connaissances en affaires.»

 Je ne veux pas juste vendre un burger. Je veux vendre mon rêve, ma passion, une expérience. Alex Bastide

Alex Bastide a compris jeune qu’il serait son propre patron plus tard, peu importe le domaine dans lequel il allait se lancer. À 15 ans, il a présenté à la banque son projet de posséder une boutique spécialisée en musique et en skateboard, deux de ses grandes passions. Son plan d’affaires en main, il a ouvert son premier magasin Underworld à l’âge de 19 ans en 1995. La marque a rapidement pris de l’expansion et a fait notamment l’objet d’une série télévisée d’une quarantaine d’épisodes sur le skateboard.

Conscient des enjeux de la vente aux détails, il a ouvert sa boutique en ligne en 2003. Les difficultés du marché l’ont cependant rattrapé.

«Parfois, il faut accepter la réalité et tirer la plogue, admet celui qui a fermé presque tous ses magasins. Il faut se réinventer et évoluer. C’est ce que j’ai fait à plusieurs reprises dans ma vie.»

C’est cette façon de voir les choses qui l’a amené à s’intéresser à la restauration et à vouloir ouvrir une chaîne de restaurants. Celui qui se donne le surnom d’entrepreneur en série a vu une opportunité d’acheter à rabais le local d’un commerce en faillite rue Bernard dans le quartier Mile-End à Montréal.

«Je ne choisis jamais de locaux vides. J’achète des faillites avec de l’équipement déjà disponibles, explique-t-il. J’ai vu trop de restaurateurs faire faillite parce que la restauration est un secteur compétitif.»

Application

Les restaurants L’Gros Luxe offrent un menu dont le prix des plats varie de 6 à 10$. Pour que ses affaires demeurent rentables, il a décidé de ne pas accepter les réservations.

«Mes tables doivent toujours être pleines afin que je sois rentable, explique-t-il. Je roule mes tables cinq à six fois par soir.»

Pour pallier à la contrainte liée à la réservation, il a lancé une application mobile qui permet aux clients de savoir dans combien de temps une table sera libre. Une autre manière pour lui de se distinguer des autres offres en restauration.

Expansion

Maintenant que L’Gros Luxe a pignon sur rue à Montréal, Longueuil et Québec, Alex Bastide se voit déjà opérateur d’une quinzaine d’autres restaurants de la chaîne ailleurs au Canada.

«Tous mes restaurants ont une personnalité selon où ils sont installés, indique-t-il. Je me demande ce que les gens veulent pour m’assurer de m’intégrer et non de rentrer de force.»

Unique propriétaire de sa marque, il est encore à se questionner si le processus d’expansion passera par des franchisés.

«J’ai des responsabilités financières incroyables. Idéalement, j’aimerais avoir un opérateur pour chaque ville, espère-t-il celui qui veut s’inspirer de Starbucks. En attendant, je profite de mes restos pour les rendre 100% profitables.»

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